Il faut oser inventer l’avenir!

« Il faut oser inventer l’avenir » – Thomas Sankara

Thomas Sankara, révolutionnaire et ancien président du Burkina Faso (1983–1987), reste une figure emblématique de la lutte pour l’émancipation africaine. Sa célèbre phrase, « Il faut oser inventer l’avenir », résume sa vision d’un monde où les peuples refusent la fatalité et construisent leur destin.

Sankara a toujours prôné l’indépendance économique et politique de l’Afrique, refusant l’assistanat et les diktats des puissances étrangères. Pour lui, construire l’avenir exigeait de rompre avec les habitudes et d’oser des réformes radicales. Il a mis en œuvre des politiques de développement endogène, encourageant l’agriculture locale, l’éducation, la lutte contre la corruption et l’émancipation des femmes.

1. Le contexte de la pensée sankariste

Sankara arrive au pouvoir dans un Burkina Faso (alors Haute-Volta) marqué par la pauvreté, la dépendance coloniale et les dettes injustes. Pour lui, l’avenir ne se subit pas, il se crée :

  • Refus du néocolonialisme : Sankara rejette les diktats du FMI et de la Banque mondiale.
  • Auto-suffisance : Il promeut la production locale (vêtements, nourriture) pour briser les chaînes de l’importation.
  • Émancipation des femmes : Une des premières mesures est l’interdiction de l’excision et la promotion de la parité.

2. « Oser inventer » : Un appel à l’audace

Pour Sankara, l’innovation politique et sociale exige du courage :

  • Exemple concret : Son gouvernement vaccine 2,5 millions d’enfants en 15 jours (« La santé ne se mendie pas, elle s’organise »).
  • Écologie avant l’heure : Il lance des campagnes de reboisement contre la désertification.
  • Culture de la dignité : Il vend les Mercedes de l’État et roule en Renault 5, symbole de sobriété.

3. Actualité de la phrase aujourd’hui

Sankara rappelle que l’Afrique (et le monde) doit écrire son propre récit :

  • Contre la résignation : Face aux crises climatiques et économiques, son message invite à l’action collective.
  • Jeunesse et responsabilité : « L’esclave qui ne prend pas conscience de sa condition ne peut pas se révolter ».

Aujourd’hui, cette maxime reste d’une pertinence brûlante. Dans un monde marqué par l’incertitude et les défis écologiques, sociaux et économiques, il est essentiel de repenser les modèles et de construire des solutions nouvelles. L’audace et l’innovation sont les clefs d’un avenir durable.

Un héritage vivant

Assassiné en 1987, Sankara reste un symbole de résistance. Sa phrase n’est pas un slogan, mais un programme : croire en sa capacité à changer le monde, sans attendre de sauveur.

« Osons inventer l’avenir, car personne ne le fera à notre place. »


Références : Discours de Sankara à l’ONU (1984), “Thomas Sankara parle” (recueil de discours).

#OserInveterAvenir